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La Symbolique du Cerf, Animagus de James et Patronus de Harry

Harry, le protagoniste principal de cette fabuleuse saga qu’est Harry Potter, a réussi à accomplir en troisième année un acte de magie avancé : créer un patronus corporel de la forme d’un cerf, animagus de son père, James, celui-ci ayant lui-même réalisé une véritable prouesse magique en devenant Animagus seul, à la barbe de Dumbledore et aussi jeune. Cet animal, le cerf, est donc un lien entre un père et un fils, entre un assassiné et un sauveur.

Quelle est donc la symbolique du cerf, c’est la question que nous nous posons, aussi allons-nous, dans cet article, tenter d’en lever le voile.

La littérature du Moyen Âge abonde en textes de tous genres consacrés aux animaux, elle s’inspire parfois de sources antiques : Le cerf est un des animaux les plus représenté.

Les Chapitres dédiés au cerf se retrouvent dans de nombreux bestiaires et compilations encyclopédiques du Moyen Âge. Les auteurs de ces ouvrages, reprenant la description naturaliste des livres d'Aristote et de Pline l'Ancien, accordaient aux animaux des propriétés imaginaires, souvent merveilleuses, qui permettaient de situer chaque animal dans l'univers chrétien et de le charger d'une valeur symbolique et fabuleuse.

Ainsi le cerf est assimilé au Christ, au chrétien et à l'Homme Innocent, autrement dit le « sauveur ». De la même manière que Harry doit « sauver » le monde.

- Alors, dit Harry, cela signifie…qu’à la fin…l’un de nous devra tuer l’autre ?
-Oui, répondit Dumbledore.

Dans la continuité de ces comparaisons, le cerf est devenu dans l'iconographie médiévale le symbole du Christ ou son envoyé. Le cerf a indiqué au jeune Dagobert l'emplacement des tombes de saint Denis et de ses compagnons ; un cerf accompagne les saints réfugiés dans le désert, un cerf accompagne Harry dans sa croisade contre le mal, dans son combat contre Voldemort.

Le cerf est aussi le symbole de la rénovation et de la croissance cycliques en relation avec le ciel et la lumière. Les caractéristiques physiques du cerf que sont la beauté, la grâce et l'agilité font de lui un messager des dieux.
Or si les prophéties existent, si l’on peut prédire le futur et ainsi ne pas être maître de sa destinée, une instance suprême existe et nous impose nos choix. Dans ce sens, Harry est bel et bien un messager, un envoyé, un élu, voire peut-être un sacrifié puisqu’il se doit, puisqu’il doit, à cause de sa destiné, combattre Voldemort.

Mais, précisons que Dumbledore a toujours insisté sur « Le Choix », pourquoi ? Parce qu’il refuse que nous ne puissions disposer de nous-mêmes ? Alors peut-être que Harry aura la chance d’avoir pour une fois un choix à faire dont lui seul sera le décisionnaire …

Plus loin, s'inspirant de la tradition antique, les auteurs de fables au Moyen Âge attribuent aux animaux les comportements des hommes, tout en mettant l'accent sur des propriétés spécifiques de chaque animal telles que la ruse, la force, la malice ; les fables en tirent une moralisation qui doit servir d'exemple aux hommes. Si les fables mettent en valeur la beauté du cerf et de ses bois, ce dernier y est souvent la victime. Tout comme Harry est la victime de son destin qu’il n’a pas choisi mais qui lui a été imposé dés sa naissance.

Pierre Moinot résume dans une préface à une anthologie du cerf :

" Voici donc l'animal [le cerf] porteur d'une forêt de symboles, tous apparentés au domaine obscur de la force vitale. Et d'abord ses bois, par lesquels la nature fait signe : ces deux perches hérissées d'andouillers, façonnées de perlures, rainures, empaumures aux épois aigus, cette ramure dont le nom, la forme et la couleur semblent sortir des arbres et que chaque année élague comme un bois sec, chaque année les refait pour donner la preuve visible que tout renaît, que tout reprend vie ; par la chute et la repousse de ces os branchus qui croissent avec une rapidité végétale, la nature affirme que sa force intense n'est qu'une perpétuelle résurrection, que tout doit mourir en elle et que pourtant rien ne peut cesser. » (Extrait de l'Anthologie du cerf de Jean-Paul Grossin et Antoine Reille avec une préface de Pierre Moinot, éditions Hatier, 1992)

Encore une fois on retrouve cette axiologie autour de la mort, de la renaissance et de cette fameuse phrase de Dumbledore :

« Pour un esprit équilibré, la mort n’est qu’une grande aventure de plus ».

Mais qu’en est-il vraiment ?

Autres remarques : Une divinité gauloise porte le nom de Cernunnos, « celui qui a le sommet du crâne comme un cerf", est représentée sur chaudron d'argent, assise dans la posture bouddhique, tenant d'une main un torque et de l'autre un serpent, entourée d'animaux les plus divers, et notamment d'un cerf et d'un serpent. ( ?!?)
Les Egyptiens regardaient le cerf comme emblème d'un homme sensible à la flatterie. Or, n’oublions pas que James, lors de sa scolarité, durant laquelle il devint Animagus, était prétentieux et sensible aux flatteries, il aimait se sentir admirait.