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Le Livre d'or

La symbolique des géants

Les géants appartiennent aux univers fantastiques. On leurs confère des rôles, des actions particulières et ce pour agrémenter une histoire, une saga, pour y rajouter une touche de surréalisme surdimensionné.

Cependant, au-delà de cette vision quelque peu réductrice, les géants ont aussi une symbolique particulière, une signification qui font que leur intégration dans un récit n’est pas si anodine qu’il peut y paraître.

Ainsi, on peut se poser la question du rôle de Hagrid, Olympe et de Graup voire des autres Géants dans la saga Harry Potter.

Tout d’abord…

Les légendes de géants font partie de notre vie depuis notre enfance. Nous connaissons tous l’expression "à pas de géant", à travers le conte du « Petit Poucet ». Le géant nous a tous fait peur, nous avons tous été impressionnés par sa grande taille. En littérature jeunesse, le géant jouit d’un grand prestige. Il représente un thème très porteur pour les enfants.

Etre défini comme gigantesque, colossal, immense, " titanesque " ou " qui excède de beaucoup la moyenne ", le géant s’impose, dans un premier temps par sa puissance, sa force physique. Soit débonnaire, soit agresseur, c’est un être fabuleux, bienfaisant la plupart du temps.

On ne peut pas ne pas voir ici le personnage de Hagrid :

Un véritable géant se tenait dans l’encadrement. Son visage était presque entièrement caché par une longue crinière de cheveux emmêlés et par une grande barbe broussailleuse, mais on voyait distinctement ses yeux qui brillaient comme deux scarabées noirs au milieu de ce foisonnement.
-si vous aviez une tasse de thé, ce ne serait pas de refus, le voyage n’a pas été facile.

Analyse : on remarque donc que lors de l’arrivée du Géant Hagrid, il apparaît comme « monstrueux » mais sa première parole rassure immédiatement le lecteur et donc Harry, le jeune Héros. Il entre parfaitement dans cette description : « c’est un être fabuleux, bienfaisant la plupart du temps ».

Le cadre mythologique est parfois détourné pour prendre l’allure d’un conte de fées. Ainsi, les géants ne vivent plus dans des grottes, mais dans des châteaux.

Analyse : En accord avec cette affirmation, bien que Hagrid vive dans sa cabane aux abords de la Forêt Interdite, il n’en reste pas moins qu’il vit dans le domaine de Poudlard à quelques enjambés de la grande Porte du Collège de Sorcellerie.

Plus loin, précisons que le gigantisme est un phénomène relatif : il se définit toujours par référence à une norme. Il désigne alors toute exagération de taille par rapport à cette norme.

Analyse : Dans le Tome 3, « Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban », Draco Malfoy pensait d’Hagrid, avant d’apprendre qu’il était un demi-géant, qu’il avait juste abuser de la potion « Poussos » quand il était plus jeune. A cet instant, Malfoy le considère juste comme trop grand par rapport à la norme que son père, un mangemort adepte de l’idéologie de la supériorité des sorciers de sang pur, lui a inculquée.

De même, le jeu graphique des illustrateurs permet de renforcer les idées de l’auteur. En effet, l’échelle change en fonction de l’évolution des évènements et de l’intégration du géant.

Le géant paraît d’abord gigantesque en comparaison des autres personnes qui lui arrivent aux « genoux ». Mais au cours de l’évolution des rapports entre « les gens normaux » et les géants, l’illustrateur prend de la hauteur pour le fondre au milieu de personnes " normales ".

Ce moment correspond à son " intégration ".

Précision : Jadis, cette " anomalie " provoquait l’émerveillement et une sorte de respect sacré. Les légendes de nombreux peuples évoquent les hauts faits des géants, demi-dieux ou surhommes qui, le plus souvent prennent le parti des humains.
Analyse : Comme on le voit sur cette affiche de HP1, le gigantisme de Hagrid est réduit de par le fait qu’il se trouve à coté de Harry. On est presque prêté à croire que Harry est en fait tout petit et guidé par une « grande personne »

A quoi servent les histoires de géants ?

Changer d’échelle pour comprendre le monde

Jonathan SWIFT écrit :" Les philosophes ont raison de nous dire que rien n’est grand ni petit que par comparaison ".

Précision : Jonathan Swift est né à Dublin en le 30 novembre 1667 et est mort en 1745. On lui doit « Le voyage de Gulliver à Lilliput », « Les Livres du Dragon d'or ».
SWIFT est ainsi le porte-parole des penseurs et des scientifiques du XVIIIéme siècle qui ont cherché à mettre en évidence la relativité de notre perception : « L’homme n’est pas le centre du monde, il faut en finir avec l’idée qu’il est un être supérieur à tous les autres ».

Tolérance et exclusion

L’ouvrage « Les voyages de Gulliver » plaide en faveur de la tolérance. Nous remarquons également cette idée dans « Angèle et le géant ». En effet, le géant est rapidement accusé de voleur, tout simplement parce qu’il est différent à cause de son gigantisme : " S’il venait voler ? Angèle, tu n’es pas folle de donner la main à un monstre ?" Seuls, les deux enfants parmi les adultes acceptent le géant au début du livre. Ils l’incitent même à entrer dans la danse et tout trois deviennent amis.
Tout comme Harry accepte Hagrid par opposition aux Dursley qui le rejettent à cause de sa taille et son « anormalité »

Analyse : il est important de noter cette résurgence du concept de « xénophobie » dans les livres. Il en est de même dans Harry Potter où les géants sont exclus, exterminés, battus juste parce que ce sont des Géants. Ron illustre parfaitement ce comportement d’exclusion passive. En effet, il n’est pas « raciste » mais de par son éducation 100% sorcière, il a des préjugés (« enfin Harry, les géants…sont…»).

Dans « Jack le tueur de Géants », on veut tuer les géants pour la seule raison qu’ils sont gigantesques. Il en est de même dans HP, les géants ont été exterminés parce que ce sont des Géants aussi bien par des Mangemorts que des sorciers « gentils ».

La mort et les Géants

Les géants ne meurent jamais. Le « bon gros Géant » n’a pas vraiment d’âge, il ne meure jamais mais il peut disparaître. Les méchants géants finissent dans un zoo. « Géante » se remet en terre, s’endort et retourne au pays des géants. « Main Verte » rapetisse à chaque fois qu’il fait un pas et finit par disparaître. L’album « Les derniers géants » représente une exception car il dénonce la bêtise humaine, transmet une morale. Les géants meurent à la fin du livre.

Analyse : Cette exception semble coller à la perfection aux livres de JK.Rowling. En effet, on ne peut que constater la bêtise des sorciers avec l’exemple de la fontaine de la fraternité magique. Ils ignorent ce qu’ils font subir à d’autres races qu’ils jugent inférieures. Ils ont persécuté les Géants de la même manière que les Mangemorts et leur Maître persécutent les Sang-de-Bourbe.
En fin de compte, les sorciers ne sont pas moins mauvais que les Mangemorts seulement on ne s’en rend pas compte car la « bête » chassée est différente.

Pour conclure…

Le rôle de Hagrid, demi-frère de Graup, et de ce dernier n’est pas encore défini précisément. En effet, on ne sait pas encore s’ils s’allieront [les géants] avec Dumbledore ou Voldemort. Peut être que ce qui les fera se décider est justement ce que nous évoquions dans l’article - une acceptation de leur différence.

L’union comme le dit Dumbledore aura raison de Voldemort. Plus encore si cette union se fait entre des « Races » qui trop longtemps se sont éloignées les unes des autres pour des raisons aussi futiles que le refus d’une « diversité naturelle »