Retour à l'accueil
Le Plan de Bezoard
La Communauté
Le Livre d'or

Hermione, un tempérament dévoilé au fil des tomes.

"C'est ça que tu appelles jeter un sort? dit la fille. Pas très brillant comme résultat. Moi, j'ai essayé de jeter des sorts pour m'entraîner et à chaque fois ça a marché"
Il s'agit là de notre première rencontre avec Hermione Granger. On l'a découvre prétentieuse et pédante. Cependant sa personnalité se relève au fil des tomes ; nous vous proposons donc, dans cet article, Notre point de vue sur la conception de son "Moi" et qui peut ne pas être le vôtre compte tenu de la subjectivité qui en découle.

La construction de sa personnalité

La personnalité d’Hermione est constituée d'un ensemble de tendances, de traits de caractère. Ces tendances ont en commun une motivation inconsciente, au plus profond d’elle-même. Il semblerait que cette motivation profonde et inconsciente soit d'assurer sa sécurité, notamment sur le plan relationnel. Elle se traduit au quotidien par :
- La volonté de comprendre les intentions des autres, leur fonctionnement, et d'anticiper leurs réactions
- La prudence dans ses relations aux autres, surtout avec ceux qui détiennent un pouvoir ou font preuve d'autorité
- Une certaine mesure dans ce qu’elle exprime (sentiments, émotions, opinions...)
- Le besoin d'anticiper les évènements, les risques

Nous allons revenir en détail sur chacun de ces éléments.

L'attention aux autres

Au cœur de sa personnalité se trouve une peur inconsciente des réactions des autres à son égard. Hermione a en effet besoin d'une certaine sécurité dans ses relations avec autrui, et celle-ci ne lui semble pas assurée tant qu’elle ne connaît pas ses interlocuteurs. En effet dans le Tome 1, elle n'a, au début, aucun ami car elle est "différente" et se sait comme "différente", elle appréhende donc sa rencontre avec les Autres qui jugent sur l'apparence.

C'est la raison pour laquelle son attention est très tournée vers les autres : elle observe leurs comportements, leur attitude. Sans s’en rendre forcément compte elle-même, elle cherche à comprendre comment ils "fonctionnent", elle cherche à décrypter leurs comportements. Son intention inconsciente est de pouvoir prévoir leurs réactions pour assurer sa sécurité et se rassurer. Tous ses sens restent donc en éveil tant qu’elle n'a pas cerné la personne, tant qu’elle n'a pas compris son mode de fonctionnement. Dès qu’elle en a un aperçu, elle peut commencer à se détendre et elle se sent plus sûre d’elle.

Ses premiers rapport avec Harry et Ron en particulier sont tendus ; cela reflète un stade d'adaptation, d'observation pour Hermione. Elle commence par observer pour comprendre.

L'analyse du comportement des autres

Hermione observe donc beaucoup les gens pour essayer de comprendre leurs comportements et deviner leurs intentions. Elle est d'ailleurs ainsi plus tournée vers les autres que sur elle-même, plus à l’affût du ressenti des autres que du sien. Les exemples où "notre hermy" pense aux autres, à leur devenir (etc.) ne manquent pas. Ainsi, dans le Tome 5, elle aide Harry à comprendre Cho. Elle lui dit même : "tu ne comprend donc pas ce que Cho ressent ?"

Sa volonté de les comprendre l’a amené à développer un sens pointu de l'observation et un esprit d'analyse très poussé. Néanmoins, au-delà des analyses objectives du comportement des autres, elle peut aussi être amenée à mettre en œuvre sans s’en rendre compte deux types de mécanismes psychologiques inconscients :

- L'interprétation subjective

Hermione peut en effet tenter de "lire les pensées des gens", d'interpréter leurs comportements pour chercher à les expliquer. Elle a tellement besoin de comprendre leur fonctionnement et leurs motivations qu’elle peut parfois leur prêter des intentions qui ne correspondent pas tout à fait à la réalité. Elle peut ainsi se croire convaincue de la raison pour laquelle ils ont exprimé une idée, raconté une expérience vécue, émis une critique, formulé un compliment. (ces jeux avec Ron prennent ici tout leur sens. Les regards, les mous, les "je-sais-ce-que-tu-vas-dire", etc..)

Cette tendance émane de son inconscient qui lui fournit ainsi le moyen de se rassurer par ce qu’elle croit alors être une meilleure compréhension des autres et du monde qui l’entoure.

- La projection

Il s'agit là aussi d'un mécanisme psychologique inconscient et tout à fait normal. Il consiste à analyser le comportement des autres en leur prêtant son propre mode de fonctionnement : elle cherche parfois à donner des explications à leur attitude en cherchant ce qui serait pour elle la motivation d'un tel comportement si elle le mettait en œuvre.

Exemple : imaginons que son petit copain l’accompagne pour faire ses courses sur le Chemin de Traverse. Au bout d'un certain temps, il montre des signes de fatigue. En faisant de la projection, elle pourrait par exemple penser "Il en a assez, je l'embête avec mes courses, je sens qu'il déteste ça ". Il se peut que son petit copain soit simplement fatigué en raison des 10 Km de jogging faits la veille, mais que néanmoins il prenne plaisir à l’accompagner, bien que fatigué. Mais, si elle-même déteste accompagner quelqu'un dans les boutiques, alors elle va "projeter" son ressenti sur son ami, en lui prêtant la lassitude qui serait la sienne dans cette situation. (précisons cependant que cet exemple est Utopique car jamais Hermione Granger n'irait faire du "shoping"
:-)

Le doute

Un autre élément typique de sa personnalité est sa propension au doute, à l'hésitation. Ce doute s'exprime par une remise en question de ses choix, de ses décisions, de ses émotions, de ses envies et parfois même, d'elle-même. C'est ce qui lui donne par moment un certain manque de confiance en elle. Certains des effets que cela induit sont positifs. D'autres le sont moins.

Par exemple, quand elle hésite avant de prendre une décision, cela la protège souvent d'un choix arbitraire et des conséquences que pourrait engendrer une décision trop hâtive. Elle pèse le "pour" et le "contre" et elle évite ainsi bien des erreurs. Inversement, ses doutes peuvent aussi la freiner considérablement dans ses décisions, ses engagements, elle fait perdre du temps là où l'enjeu ne le justifie pas toujours. Cela freine souvent son passage à l'action. Ainsi, dans le Tome 5, elle demande à Harry de bien réfléchir avant de vouloir aller au ministère, elle dit bien que Sirius pourrait ne pas y être. Elle a certes encore raison mais son comportement a coupé l'action dans son déroulement.

Hermione a ainsi tendance à faire "l'avocat du diable" : Une fois qu’elle a formulé une opinion, lui viennent à l'esprit des arguments qui alimentent le point de vue contraire. L'effet positif est de l’amener à voir une situation sous toutes ses facettes. Cela peut aussi rendre fous ses interlocuteurs ... !

La confiance en soi

Les études sur les gens qui ont vraiment confiance en eux montrent que ceux-ci ont généralement l'habitude de se baser sur leurs propres critères pour s'évaluer. C'est-à-dire qu'ils se basent sur leur propre estimation de leurs capacités, aptitudes, résultats, etc... Il y a donc quelque chose d'inébranlable dans cette confiance ainsi édifiée.

Quant à Hermione, même si, en fonction de son histoire personnelle, elle peut disposer d'une bonne estime d’elle et d'une bonne perception de ses capacités, sa confiance en elle est très liée à l'attitude des autres à son égard. Elle est en effet très sensible au regard des autres quoiqu'elle en dise. Ainsi, se faire traiter de Miss-Je-sais-tout par Rogue la gène, alors que si c'est Ron, l'effet est de la flatter dans son ego. Hermione peut ainsi avoir tout à fait confiance en elle lorsque elle est entourée de gens qui l’apprécient et lui le font sentir. Mais cette confiance en elle peut complètement s'effriter en présence de personnes qui lui renvoient une image négative de elle-même. Elle peut aussi par ailleurs ressentir un manque de confiance en elle dans un contexte spécifique : lorsqu’elle est entourée de gens nouveaux dont elle n'a pas encore pu observer le comportement. Nous avons en effet mis en évidence son besoin de comprendre le fonctionnement des gens qu’elle côtoie. Si elle n'a pas encore eu le temps de les observer et de connaître leurs réactions, si elle ne sait pas encore à qui elle a à faire, alors elle peut se sentir inconsciemment "en danger" et perdre alors sa confiance en elle.

L'importance d'un cercle de proches

Une façon de résoudre cette peur inconsciente des autres est d'être fidèle à un cercle de proches qu’elle connaît bien et en qui elle a confiance. Nous évoquons ici ses rapports avec ses amis proches, Harry et Ron. Il s'agit en tout cas d'un petit nombre de gens auprès de qui elle est pleinement elle-même, détendue, confiante, et même sûre d’elle. Elle a sans doute tendance à faire une distinction nette dans son esprit entre ces gens et les autres. Elle leur est particulièrement dévouée, loyale, et ils peuvent vraiment compter sur elle. (pour les devoirs entre autre !). Elle attend de leur part la même attitude en retour, la même loyauté. D'ailleurs, si jamais l'un d'eux ne se montrait pas à la hauteur de sa confiance, elle se sentirait terriblement déçue, et elle aurait le sentiment d'avoir été trahie.
Elle peut d'ailleurs avoir ce sentiment si elle est déçue par n'importe quelle personne en qui elle avait confiance. Bizarrement, cela lui amènerait même à perdre confiance en elle. En effet, cela signifierait inconsciemment qu’elle n’a pas été capable de prévoir son comportement, et cela l’amènerait à douter de se capacité à bien s’entourer, à bien évaluer les gens, à bien anticiper les réactions. Or, c'est sur cette capacité qu'est fondé son équilibre. Dans un cas pareil, c'est donc inconsciemment tout le fondement de son équilibre qui est remis en question

Les émotions et Hermione

Hermione est quelqu'un de sensible même si elle ne le montre pas toujours. Dans certaines circonstances, ses émotions peuvent lui poser problème. Cela peut par exemple être le cas lorsque elle craint que l'émotion qu’elle ressent ne soit pas appréciée par son interlocuteur. Elle peut craindre en effet qu'il soit surpris, déçu, blessé, agacé : qu'il ne réagisse pas bien. Dans ces conditions, elle ne s’autorise pas à exprimer ni à montrer son émotion, et elle peut chercher à la cacher soigneusement. Dans certains cas, cette tendance peut devenir une habitude et elle peut alors perdre un certain contact avec ses émotions. Par exemple, elle peut sincèrement ne pas savoir ce dont elle a envie dans une situation donnée. En revanche, quand elle se permet de confier ses émotions à quelqu'un, alors c'est une très grande marque de confiance à son égard.

La méfiance vis-à-vis de l'autorité

Les personnes qui incarnent des figures d'autorité, que ce soit par leur personnalité ou par leur position, lui inspirent beaucoup de méfiance et de respect. Elle peut d'ailleurs avoir tendance à fantasmer leur pouvoir, c'est-à-dire à leur donner beaucoup plus de pouvoir qu'elles n'en ont réellement. Elle est très sensible à tout ce qui peut lui sembler un abus d'autorité. Cela peut en effet peut la faire réagir fortement, et lui donner envie de se rebeller.

Précisions : En effet Montesquieu disait que toute personne ayant du pouvoir cherchera un jour ou l'autre à en abuser. Elle tente donc à travers ses travaux extrascolaires (SALE, AD) de mettre en pratique la théorie de Tocqueville selon laquelle seul le Pouvoir peut affronter le Pouvoir.

Dans le tome 5, toutes ses relations avec Ombrage en cours de DCFM illustrent ce trait de caractère. Ses rapports avec Rita Skeeter illustrent également ce besoin de se rebeller contre cet "abus de pouvoir" de la journaliste

L’amie des opprimés

Il se peut d'ailleurs qu’elle épouse la cause de ceux qui sont des victimes des gens de pouvoir. Elle prend en effet la défense et pourquoi pas la direction d’un groupe de gens rejetés ou opprimés, les Elfes de maison. Un tel engagement peut en effet être très motivant pour elle puisqu'il lui permet de se rebeller plus ou moins consciemment contre les figures d'autorité, et leur pouvoir qu’elle considère abusif.

"BBC: Vous avez dit une fois, qu'Hermione serait celle qui changerait les mentalités. Elle ne m'a pas parue l'être dans le 4e tome...
J.K: Au contraire, c'est son but ! Hermione est une bonne nature. Mais je suis d'accord avec vous, elle n'a pas réussi à changer quoi que ce soit dans l'affaire des elfes de maisons. Cependant, il ne faut pas oublier qu'il y a trois livres à venir. Les gens ont fait l'erreur de supposer que j'apporterais la réponse dans le 4e tome. Hermione, dans un certain sens, est plus encline à briser les tabous. Là où ses convictions sont compromises, elle est prête à faire des choses qu'elle n'est pas supposé de faire. Elle va vraiment transgresser les interdits. Je vous le promets. Je le ferai !"