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Harry Potter : l’enfant-sauveur ou l’enfant sacrifié

Supposons que l’affrontement final se déroule dans le septième tome de la saga, ce qui est fortement probable, Harry n’aura que 17 ans. Il aura depuis l’âge de 11ans supporté sur ses épaules le fardeau d’être le survivant ; à 14, celui de voir un des ses proches mourir ; à 15, de voir son « père » (Sirius) succomber sous les coups d’une de ses parentes envahie par le Mal et de devoir assumer le très lourd poids de sa destinée le confrontant à un choix on en peut plus binaire, celui de tuer ou d’être tuer.

Par ce choix il détient la survie ou l’extermination d’un monde qu’il aime et qui lui a donné à son arrivée une envie de vivre.

Ainsi les aventures de Harry Potter sont construites autour du risque grandissant de la guerre et des destructions et mettent en scène un enfant chargé de sauver le monde des fléaux qui le menacent et de partir en guerre contre les forces du mal.

La tâche quasiment insurmontable de sauver le monde des sorciers et aussi le monde Moldu du péril que fait peser sur lui Voldemort, personnage maléfique incarnant les « forces du Mal », revient à un enfant, un jeune homme inexpérimenté, encore sous la tutelle d’un adulte, le plus grand sorcier du siècle Dumbledore, le seul dont celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom n’ait jamais eu peur.

C’est en tant que jeune enfant que Harry Potter est appelé à sauver le monde. Pourquoi ? Quelles qualités, quelles vertus magiques a donc l’enfant, et que n’aurait plus l’adulte, pour que nous lui confiions la tâche immense de protéger un monde entier d’un péril que nul n’ose affronter tellement sa force maléfique est grande ? Pourquoi Harry, pourquoi pas un autre humain, pourquoi pas un gobelin ou n’importe quel autre géant inconnu de tous.

Pourquoi un enfant ? Quel symbole repose derrière celui-ci ?

C’est ce que nous allons tenter de comprendre dans cet article.

 

Alors que le bien met en général si longtemps à se développer,
Le mal a cette capacité de croître très vite.
Il vous saute à la figure comme un diable de sa boîte."

Inconnu

 

Cette citation résume magnifiquement ce que ressent Harry, ce qu’il endure. Lui, un enfant, symbole de l’innocence, se voit confronté à la dure réalité qui lui explose au visage telle une boite de Pandore trop longtemps fermée.

Le Bien existe uniquement parce que le Mal aussi, ils sont indissociables. Pourquoi construire des palais de justice si tout le monde respecte la loi ? Il en est de même dans la saga Harry Potter. Pourquoi faire naître un héros, un magnifique Héros s’il n’a personne à affronter, un adulte, un mauvais adulte emprunt de Mal et de Haine.

Le Thème du Sauveur :

Certes, le thème du sauveur est très ancien, et nul n’ignore que le messie est, dès sa naissance, voué à ce destin extraordinaire. C’est donc assez classique cette résurgence du thème de l’enfant-sauveur. A une différence près cependant, et elle est essentielle : c’est quand ils sont adultes, et après avoir acquis une certaine expérience, que Jésus, Moïse parviennent à accomplir leur tâche.

Peut on considérer comme de l’expérience le fait d’avoir été confronté à la Mort à maintes reprises, le fait d’avoir été depuis son plus jeune âge privé de l’amour maternel, le fait de souffrir continuellement, le fait d’être marqué et d’être considéré comme un héros pour quelque chose dont on a à peine quelques vagues souvenirs.

Apparemment oui, car Dumbledore le lui répète :

« En te marquant de cette cicatrice, il ne t’a pas tué comme il en avait l’intention, mais il t’a donné un avenir et des pouvoirs qui t’ont permis, jusqu'à présent, de lieu échapper non pas une fois mais quatre ».

Ainsi, dans un sens ce que Harry vit est sont expérience, celle qui lui permettra de combattre le seigneur des ténèbres et ainsi d’accomplir la prophétie, qui ne présume en rien de sa victoire, mais fait de lui la seule personne pouvant affronter Voldemort, non pas d’égal à égal, puisque les pouvoirs magiques de Harry sont insignifiant par rapport à Vous-Savez-Qui, mais de l’affronter comme le sauveur potentiel du Monde, comme David contre Goliath.

Le combat de David contre Goliath, ou la petitesse triomphant des géants.

« Les Philistins se tenaient sur la montagne d'un côté, les Hébreux de l'autre côté, et la vallée était entre eux. Alors sortit du rang des Philistins un champion qui s'appelait Goliath. Sa taille était de 2,8 mètres. Il s'avança et cria :
- "Choisissez-vous un homme et qu'il descende vers moi. S'il l'emporte au combat et m'abat, nous deviendrons vos esclaves. Mais si c'est moi qui l'emporte, c'est vous qui nous servirez".
Quand Saül et les Hébreux entendirent ces paroles, ils eurent très peur.
David, fronde en main, s'avança vers le Philistin. Le Philistin regarda David et le méprisa, car il était jeune. David dit au Philistin :
- "Tu viens vers moi avec des armes, mais moi je viens vers toi au nom de Dieu. Aujourd'hui même, Dieu te livrera à moi."
David prit une pierre qu'il lança avec la fronde, et la pierre s'enfonça dans le front du Philistin qui tomba la face contre terre ».

Cet épisode biblique semble être l’écriture ancestrale du combat qui s’annonce entre Harry et Voldemort.

Reformulons le en usant des Nom de Harry, Voldemort, etc.

Les Mangemorts se tenaient sur la montagne d'un côté, les Sorciers de l'autre côté, et la vallée était entre eux. Alors sortit du rang des Mangemorts un champion qui s'appelait Voldemort. Sa taille était de 2,8 mètres. Il s'avança et cria :
- "Choisissez-vous un homme et qu'il descende vers moi. S'il l'emporte au combat et m'abat, vous aurez gagner. Mais si c'est moi qui l'emporte, vous mourrez".
Quand Dumbledore et les Sorciers entendirent ces paroles, ils eurent très peur.
Harry, baguette en main, s'avança vers Voldemort. Celui-ci regarda Harry et le méprisa, car il était jeune. Harry dit à Vous-Savez-Qui :
- "Tu viens vers moi avec des armes, mais moi je viens vers toi au nom de « L’Amour » (supposition). Aujourd'hui même, l’Amour te livrera à moi."
Harry « prit une pierre qu'il lança avec la fronde, et la pierre s'enfonça dans le front de Voldemort qui tomba la face contre terre ».

L’enfant, dans notre cas Harry, symbolise ce combat, cette lutte du Bien contre le Mal où on oppose l’âge, la haine, la culpabilité à la jeunesse, l’innocence, l’Amour.

La symbolique vis-à-vis de la Seconde Guerre Mondiale

Plus loin, les Livres Harry Potter tirent leurs matières, dans un sens, du traumatisme de la seconde guerre mondiale.

En effet, Harry est orphelin, la faute en est à un dictateur qui, en assassinant ses parents, s’est débarrassé de ses principaux opposants, de ceux-là mêmes qui, en dépit de la terreur qu’il faisait régner, eurent le courage de résister.
Mû par une haine raciste contre les « Sang de bourbe », Voldemort promet, dès qu’il parviendra au pouvoir, leur extermination totale, bien que celui-ci, ce dictateur, Voldemort, soit lui-même un Sang Mêlé, tout comme Hitler avait du sang autrichien.

Remarque : L’allusion au nazisme, sans être totalement explicite, est réelle, ne serait-ce qu’à travers les initiales (SS) de Salazar Serpentard, père spirituel du tyran.

Ainsi, en replaçant Harry Potter dans un contexte historique, celui de la seconde guerre mondiale avec ses 50 millions de victimes, peut-être avons-nous répondu à notre question initiale : pourquoi donc la tâche de partir au combat est-elle confiée aux enfants, à Harry Potter ?

Soudain des phrases gravées sur les monuments aux morts se bousculent dans nos mémoires : « A nos enfants, morts pour la France. » « Allons enfants de la patrie. »

Le sacrifice… Oui, le sacrifice est la plus belle démonstration de l’Amour qu’il soit, comme Lily se sacrifie pour Harry, tout comme le Christ se sacrifie pour expier les pêchers du Monde. Le sacrifice appelle au renouveau, à la renaissance. «
Et puis de toute façon : « pour un esprit équilibré la mort n’est qu’une grande aventure de plus » (Dumbledore)